Nous avons vu à quel point il est essentiel de connaître
la distance des objets célestes pour pouvoir interpréter ce que
nous voyons.
Pour essayer de comprendre notre univers, il faut d'abord pouvoir le mesurer.
Les galaxies apparaissant comme des briques de base de cet univers, mesurer
la distance qui sépare celles-ci de la Terre devient alors indispensable.
Comme il nous est impossible de mesurer directement la distance aux galaxies
les plus lointaines, on va utiliser une série de mesures qui s'appuient
les unes sur les autres, des plus proches aux plus lointaines.
Pour ce faire, il existe trois sortes de méthodes, la première, la parallaxe donne une mesure absolue, les deux autres ne fournissent que des données relatives.
La Terre se déplaçant sur son orbite, on ne
voit pas une étoile proche au même endroit sur le fond du ciel
à deux moments différents. Cet effet s'appelle la parallaxe, et
vu la distance des étoiles - même proches - il est toujours très
faible. C'est pourquoi il a fallu attendre 1838 pour que Friedrich Bessel mesure
la parallaxe de l'étoile 61 Cygni, qui n'est pourtant éloignée
que de 11 années-lumière.
Cette méthode est en fait la seule méthode absolue dont nous disposons
pour connaître la distance d'un astre. Elle est de ce fait indispensable
pour calibrer les autres méthodes de mesure.
La Terre se déplace sur son orbite,
de ce fait, une étoile proche semble
changer de position par rapport au fond du ciel.
La méthode n'est sujette qu'aux erreurs de mesure, mais
ne permet d'obtenir que des distances inférieures à 1000 Parsec.
C'est par ce procédé que le satellite Hipparcos a pu cartographier
plus de 120.000 étoiles.
Si l'utilisation de l'interférométrie
en optique est assez limitée, on sait par contre construire des interféromètres
qui travaillent dans le domaine des ondes radio, avec une base pratiquement
aussi grande que l'on veut. Le VLBA - Very Large Base Array - est un réseau
de radiotélescopes dont les antennes sont réparties sur l'ensemble
du territoire US, de Puerto Rico jusqu'à Hawaï.
La base, étant très grande, permet de séparer des sources avec une excellente
résolution. On va donc utiliser cette résolution pour appliquer la méthode
de la parallaxe à des distances beaucoup plus lointaines. Ainsi le VLBA
a pu mesurer par ce moyen la distance de la galaxie NGC 6264 avec précision.
Cette galaxie est située à 450 Mal (environ 140 Mpc), avec une incertitude de
9%.
Evidemment, pour utiliser cette méthode, il faut des galaxies qui émettent dans le domaine radio. Mais le recoupement de cette mesure directe avec d'autres méthodes (que nous allons découvrir) va permettre d'affiner celles-ci et d'améliorer grandement nos mesures actuelles.
Les méthodes photométriques se basent sur la magnitude apparente d'un objet dont on suppose connue la magnitude absolue.
Il s'agit là d'utiliser la distribution des fréquences du signal reçu d'un objet.
L'élargissement des raies spectrales est donc un indicateur de la
masse de la galaxie considérée.
Plus la masse de celle-ci est élevée, plus elle est lumineuse.
On déduit donc la luminosité intrinsèque de la galaxie
depuis l'élargissement de son spectre par la relation de Tully-Fisher
(cas des galaxies spirales) ou de Faber-Jackson (cas des elliptiques).
La méthode est valable jusqu'à environ 3000 Mpc.
Si cela parait simple, c'est en réalité une mesure très délicate : d'une part les détecteurs de rayons X sont difficiles à calibrer, et d'autre part le nuage d'électrons aura peu de chance d'être uniforme et homogène - il est bien sur plus dense au centre - ce qui complique l'interprétation des mesures.
Cette méthode est récente. Elle est actuellement en cours de développement par la NASA, avec l'aide du satellite d'observation Chandra.
Ayant déterminé la distance d'un certain nombre de
galaxies, Hubble s'est alors aperçu de quelque chose de remarquable :
toutes les galaxies semblent s'éloigner de nous.
Une étude plus précise fait alors apparaître que la vitesse
de récession d'un objet lointain est d'autant plus élevée
que celui-ci est loin.

Comme il est présomptueux de penser que la Terre est le centre de l'Univers, on ne peut qu'en déduire que celui-ci est en expansion.
Si on suppose H connue, on peut donc déduire l'éloignement d'une galaxie à partir de son redshift (noté traditionnellement z). A cause de l'imprécision sur H, cette méthode n'a de sens et d'intérêt que pour les objets les plus lointains.