En 1916, l'astronome allemand Schwarzschild, en s'appuyant sur
les travaux d'Einstein, a calculé quelle devrait être la taille
d'un astre, pour que la vitesse de libération
de celui-ci devienne égale à celle de la lumière.
Cette vitesse est une limite que rien ne peut dépasser, d'après
la théorie de la relativité.
On sait, de plus, que la taille d'une étoile à neutrons
diminue avec la masse, parce que la gravitation finit par l'emporter sur la
pression de dégénérescence.
Si la masse d'une telle étoile augmente, il va donc arriver un moment,
appelé limite d'Oppenheimer-Volkoff, où la vitesse
de libération de cette étoile va devenir égale à
celle de la lumière, et où rien ne pourra plus s'échapper
de l'étoile.
Remarquons que la cohésion d'une étoile à neutrons dépend également de l'interaction nucléaire forte. Comme le comportement de celle-ci est très mal connu sous forte gravité, la limite d'Oppenheimer-Volkoff n'est pas connue avec précision. Elle se situe entre 1.5 et 3 masses solaires.
Si rien, pas même la lumière, ne peut s'échapper,
cette étoile devient donc invisible : c'est ce qu'on appelle un trou
noir.
Ce trou noir n'a pas de surface matérielle ; la matière même
qui venait de l'étoile initiale est réduite à un point
de densité infinie, appelé singularité.
La "surface" du trou noir est appelée l'horizon, sa taille
est appelé 'rayon de Schwarzschild'.
.
Tout ce qui passe derrière l'horizon n'a aucune possibilité d'en sortir et augmente la masse de celui-ci.
Contrairement à ce que montrent les films d'Hollywood, un trou noir n'a rien d'un "aspirateur cosmique" : il ne va capturer que ce qui passe très près de lui. Si on remplaçait le Soleil par un trou noir de même masse, nous ne verrions pas la différence (du moins en terme de gravité, il nous manquerait quand même la chaleur !)
On peut envisager deux scénarios pour la création d'un trou noir :
| Il convient de dire qu'un certain nombre de personnes pensent,
arguments à l'appui, qu'un trou noir est physiquement impossible. Il est vrai que toute la théorie des trous noirs doit être prise avec précaution, en gardant à l'esprit qu'il s'agit essentiellement pour l'instant d'une construction mathématique, mais dont la réalité physique devient quand même de plus en plus certaine. |
La théorie de la relativité générale
d'Einstein décrit la gravitation comme une courbure de l'espace-temps.
Plus la masse est concentrée, plus cette courbure est prononcée.
Si nous dessinons la trame de l'espace-temps sous la forme d'un plan (en réalité
il y a 4 dimensions : 3 d'espace plus le temps), nous pouvons de manière
très imagée visualiser cette déformation.
Dans le cas d'un trou noir, la déformation n'a peut-être pas de fin : il y aurait une déchirure dans la trame de l'espace-temps. L'usage du conditionnel s'impose ici, car nous entrons dans un domaine où les certitudes deviennent rares...
Dans cet espace-temps, la lumière
suit le plus court chemin. Si l'espace est plat, c'est à dire non déformé,
ce chemin est bien évidemment une droite.
Au voisinage d'une masse, ce n'est plus le cas : cette masse peut ainsi agir
sur la lumière de la même manière que le ferait une lentille
optique.
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On fait ainsi apparaitre l'effet de lentille gravitationnelle |
Attention : ce schéma est très simplificateur. C'est l'espace-temps dans son ensemble qui est déformé, ce qui signifie que non seulement l'espace, mais aussi le temps lui-même est modifié par la masse centrale.
Plus la masse est concentrée, plus l'effet est important. C'est ainsi qu'un trou noir seul peut être détecté s'il se trouve entre une étoile et nous.
Par le même effet de perturbation des trajets lumineux, nous pouvons essayer de deviner à quoi ressemble un trou noir qui posséderait un disque d'accrétion.

La déformation de la lumière le ferait
ainsi ressembler à cet espèce de chapeau.
(source J-A. Marck/J-P. Luminet).
L'idée du trou noir est le résultat
de calculs de la relativité générale, dus à Schwarzschild.
Celui-ci avait calculé la taille de l'horizon d'un trou noir statique.
Kerr a perfectionné ces calculs dans le cas où le trou noir est
en rotation.
La déformation de l'espace-temps prend dans ce cas un autre aspect, et
la singularité n'est plus concentrée sur un point mais sur un
cercle à l'intérieur de l'horizon.
(Source : Sky and Telescope, J. Bergeron)