A l'intérieur d'un trou noir
Lorsqu'une étoile s'effondre pour donner un trou noir, tout
ce qui concerne sa géométrie, sa composition... est perdu.
Trois paramètres suffisent à caractériser complètement
un trou noir : sa masse, sa charge et sa vitesse de rotation (en réalité,
son moment angulaire, mais cela
revient au même).
Nous allons nous intéresser successivement aux trois "espèces" de trous noirs :
Cette approche est bien sur très simplifiée, nous n'entrerons pas dans les détails, en particulier dans les domaines de la relativité générale et de la mécanique quantique.
Avant de plonger à l'intérieur d'un TN (trou noir), nous devons voir trois choses qui nous aideront à mieux comprendre les phénomènes auxquels nous allons être confrontés.
Un résultat remarquable de la Relativité Générale,
c'est que le temps propre s'écoule d'autant plus lentement que le champ
gravitationnel local est élevé.
En conséquence, pour un observateur extérieur, le temps apparent
d'un objet distant placé dans un champ gravitationnel ralentit : une
horloge placée à proximité d'un trou noir voit son temps
propre ralentir, et l'observateur placé au loin la voit retarder.
Ce phénomène va avoir pour conséquence de
ralentir la fréquence d'une onde lumineuse émise par un objet
pris dans un champ de gravitation ; en d'autres termes de décaler vers
les grandes longueurs d'onde le spectre d'émission.
Ce décalage est appelé redshift gravitationnel, par analogie avec
le redshift dû à
l'expansion de l'univers ou à l'effet Doppler.
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Le redshift gravitationnel provoqué par un objet de masse M sur
une onde électromagnétique émise à une distance
r de cet objet vaut avec G constante de gravitation universelle, et c la vitesse de la lumière |
Sachant que l'énergie d'un photon est proportionnel à sa fréquence, on peut interpréter le redshift gravitationnel comme la perte d'énergie subie par le photon pour s'extraire du champ gravitationnel.
Cet effet est évidemment faible pour les champs gravitationnels habituels tel que celui de la Terre, mais il prend une importance considérable au voisinage d'un trou noir.
Le diagramme espace-temps est une façon simple de représenter un continuum espace-temps comme celui dans lequel nous vivons.
On se limite en général à une seule dimension d'espace pour simplifier.
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Voici un diagramme espace-temps classique à une
seule dimension d'espace. |
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Les diagonales rouges forment ce que l'on appelle le cône de lumière. Rien ne pouvant se déplacer plus vite que celle-ci, toute trajectoire d'un objet quelconque est obligatoirement comprise à l'intérieur de ce cône.
De ce fait, les deux régions indiquées 1 et 2 sont causalement indépendantes : aucun événement de l'une ne peut influencer un point de l'autre ; pour cela il faudrait aller à une vitesse supérieure à celle de la lumière.
Celui-ci est du au physicien anglais Roger Penrose. Il s'agit d'un
diagramme espace-temps que l'on a fermé (au sens mathématique)
en "ramenant" les infinis sur des droites.
Un tel diagramme n'a pas pour but de représenter exactement l'univers,
mais simplement d'indiquer des relations causales.
Voici un tel diagramme, toujours avec une seule dimension d'espace.
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De même que dans le diagramme espace-temps classique, la lumière se déplace sur les diagonales (en violet), et tout autre objet ne peut que suivre des trajectoires semblables à celle indiquée en bleu. Ce diagramme résulte d'une compactification de l'espace par un changement de coordonnées appropriées. Tel qu'il est dessiné ici, il représente un espace-temps infini, sans début ni fin. |
Maintenant que nous avons vu ces quelques notions, nous allons pouvoir nous approcher des trous noirs.
C'est le modèle le plus simple, idéalisé,
qui n'existe certainement pas dans l'univers, mais qui permet d'aborder les
concepts de la manière la plus facile.
Il doit son nom à l'astronome allemand Schwarzschild, qui le premier
a réussi à résoudre les équations de la Relativité
Générale au voisinage d'un objet massif situé dans un espace
vide de matière.
où sont
les coordonnées polaires, et
le rayon de Schwarzschild.Lorque r vaut On remarque également que, lorsque r tend vers l'infini, c'est-à-dire loin de la masse, on retrouve la métrique de l'espace-temps plat de Minkowski. |
Considérons un observateur s'approchant du trou noir. Que va-t-il observer ?
| Attention : pour l'objet en question, le temps n'a
pas la même valeur, c'est un des aspects de la Relativité.
A bord de cet objet, la traversée va durer un temps fini, et
même assez bref, compte tenu de l'accélération due
à la gravitation intense. Sur le schéma ci-contre, le trajet de la particule est figuré en bleu dans son temps propre, et en jaune pour un observateur situé à l'infini. |
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Nous avons ici trois éléments intéressants :
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Nous allons maintenant représenter l'espace autour d'un TN à l'aide d'un diagramme espace-temps de Penrose, en utilisant le système de coordonnées de Kruskal.
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Ce diagramme correspond à un univers ne possédant qu'un seul trou noir éternel situé à la distance r =0. |
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Les diagonales épaisses représentent l'horizon du trou noir. Si quelque chose traverse celui-ci selon la trajectoire bleue, il ne peut plus revenir en arrière, et n'a d'autre choix que de heurter la singularité.
Sur le diagramme de Penrose, nous pouvons observer deux choses :
Ce schéma correspond-il à la réalité
?
En fait, il y a une hypothèse que nous avons faite pour établir
ce diagramme, c'est que le TN était éternel. Ceci ne correspond
pas à la réalité d'un TN issu de l'effondrement d'une étoile.
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Dans un tel cas, le trou noir n'est plus éternel, il n'apparaît qu'à partir du moment de l'effondrement de l'étoile. Il n'y a alors plus ni trou blanc, ni univers parallèle qui apparaissent. |
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Une autre manière de se représenter un TN, c'est
d'utiliser un diagramme espace-temps (ici avec deux dimensions
d'espace), sur lequel nous allons dessiner les cônes de lumière
des différents points autour du TN.
Rappelons nous qu'autour d'un TN, l'espace-temps
lui même est déformé, obligeant la lumière à
se détourner de la ligne droite habituelle.
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L'espace-temps d'un TN est courbé de telle manière qu'il oblige les cônes de lumière à se diriger vers "l'intérieur". A une distance caractéristique de la singularité, ces cônes sont si inclinés que leur "coté extérieur" est vertical dans le diagramme ci-contre. Ces "cotés" forment une surface (c'est le cylindre dessiné ici). C'est cette surface qui s'appelle l'horizon du TN. Source : Penrose (Scientific American) |
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Sur cette surface, la lumière reste immobile par rapport à l'espace extérieur. Comme la vitesse de celle-ci est invariante dans tous les repères, on en déduit alors que l'horizon lui-même se déplace à la vitesse de la lumière dans l'espace-temps déformé par le trou noir.
Pour un observateur extérieur, plus aucune information ne peut provenir depuis l'horizon du trou noir : le temps au voisinage du trou noir est arrêté.